Glamsterdam : la plus grosse mise à jour d’Ethereum depuis Le Merge entre en phase finale

Depuis Le Merge de septembre 2022, qui avait fait basculer Ethereum de la preuve de travail à la preuve d’enjeu, aucune mise à jour n’avait remis autant d’éléments fondamentaux sur la table. Glamsterdam — contraction des mots de code Gloas (couche consensus) et Amsterdam (couche exécution) — est en train de changer cela. Le 16 juin 2026, CoinDesk révélait que la mise à jour venait d’atteindre sa dernière étape de développement, une phase où les développeurs font tourner des réseaux de test internes (« devnets ») intégrant l’intégralité des changements prévus avant le passage aux testnets publics.

Pour les détenteurs d’ETH, les développeurs DeFi et surtout les réseaux Layer 2, l’enjeu est considérable : Glamsterdam vise à tripler le débit de la couche de base d’Ethereum et à revoir en profondeur la façon dont les blocs sont produits. Voici ce que contient concrètement cette mise à jour, à quel horizon elle arrive, et pourquoi elle est présentée comme le chantier le plus ambitieux du réseau depuis trois ans.

Glamsterdam en trois chiffres #

200 M
limite de gaz visée
10
EIP embarqués
-71 %
coût d’un transfert ETH
Objectifs de conception rapportés par The Defiant (juin 2026) — voir sources.

Selon The Defiant, l’objectif de conception affiché est une limite de gaz de 200 millions, soit environ le triple de la capacité actuelle de la couche de base (aujourd’hui autour de 60 millions de gaz). À la clé, une puissance de traitement pouvant atteindre l’équivalent de 10 000 transactions par seconde dans des conditions réalistes. La publication précise toutefois un point important : « les 200 millions de gaz sont l’objectif de conception que Glamsterdam rend possible, pas une valeur que le fork impose de lui-même ». Autrement dit, la mise à jour lève un plafond technique ; ce sont ensuite les validateurs qui relèveront progressivement la limite.

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ePBS : réparer le talon d’Achille de la production de blocs #

La pièce maîtresse de Glamsterdam s’appelle ePBS, pour Enshrined Proposer-Builder Separation (séparation « enchâssée » du proposeur et du constructeur de blocs), portée par la proposition EIP-7732. Derrière ce nom aride se cache une réponse à un problème bien connu d’Ethereum.

Aujourd’hui, la fabrication d’un bloc et sa proposition au réseau reposent en grande partie sur des mécanismes hors chaîne — un montage qui a soulevé des inquiétudes de centralisation, puisque quelques acteurs concentrent la construction des blocs et l’extraction de valeur (MEV). En inscrivant cette séparation directement dans le protocole, ePBS vise à réduire les possibilités de manipulation du MEV et à rendre le réseau plus neutre. Effet de bord technique majeur : la fenêtre de propagation et de traitement des données passerait d’environ 2 secondes à près de 9 secondes, ce qui laisse aux validateurs bien plus de marge pour traiter des blocs plus lourds sans dégrader la sécurité.

Block-Level Access Lists : préparer le terrain de l’exécution parallèle #

La seconde brique structurante est l’EIP-7928, qui introduit les Block-Level Access Lists (BALs). Le principe : permettre à un bloc de déclarer à l’avance quels comptes et quelles données de contrats intelligents il va consulter. Ce simple préavis rend l’exécution plus rapide et plus prévisible, ouvre la voie au traitement parallèle des transactions et facilite l’optimisation des clients logiciels.

Glamsterdam ajoute aussi une série de reprix du gaz : les opérations de calcul « lourdes » deviennent moins chères, tandis que l’accès à l’état du réseau devient plus coûteux. L’idée est d’aligner les frais sur la consommation réelle de ressources — un ajustement qui, au passage, améliore la mise à l’échelle des systèmes de preuves à divulgation nulle de connaissance (zero-knowledge), au cœur de nombreux Layer 2. Autre nouveauté saluée par les exchanges et les portefeuilles : les transferts d’ETH émettront désormais des logs, ce qui simplifie leur suivi.

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Ce que Glamsterdam change, brique par brique #

Proposition Ce qu’elle apporte Bénéficiaire
EIP-7732 (ePBS)Séparation proposeur/constructeur inscrite dans le protocole, moins de MEVDécentralisation
EIP-7928 (BALs)Accès pré-déclarés, exécution parallèle plus rapideDébit / L2
Reprix du gazCalcul moins cher, accès à l’état plus cher, scalabilité ZKDéveloppeurs
Logs de transfert ETHTransferts d’ETH traçables plus facilementExchanges / wallets
Synthèse d’après CoinDesk et The Defiant (juin 2026).

Où en est le calendrier ? #

Techniquement, Glamsterdam est encore en salle des machines. Les développeurs de l’Ethereum Foundation, via l’équipe pandaops, ont publié le Devnet-0 et font désormais tourner des devnets multi-clients embarquant l’intégralité des EIP. C’est la dernière grande étape d’ingénierie avant les phases de « durcissement », les revues de sécurité et le déploiement sur des testnets publics. Les réseaux de test Holesky et Hoodi forkeront avant le mainnet.

01

Devnets (en cours)

Réseaux de test internes avec tous les EIP. Phase atteinte mi-juin 2026 selon CoinDesk.
02

Testnets publics

Holesky et Hoodi forkent d’abord. Généralement 2 à 4 mois avant l’activation mainnet.
03

Mainnet (H2 2026)

Fenêtre réaliste septembre-décembre 2026. Aucune date n’est verrouillée à ce jour.
«
On travaille sur des devnets intégrant tous les EIP en ce moment. C’est la dernière phase avant le durcissement puis la livraison des testnets.
— Parithosh Jayanthi, Ethereum Foundation (via CoinDesk)

Le même développeur qualifie Glamsterdam de « probablement le plus gros fork depuis Le Merge ». Une ambition qui s’inscrit dans une trajectoire plus longue : Vitalik Buterin a détaillé début juillet une feuille de route pluriannuelle baptisée « Lean Ethereum », qu’il estime devoir prendre trois à quatre ans et rivaliser, à terme, avec l’ampleur du Merge. Glamsterdam n’est donc pas un aboutissement, mais une étape charnière.

Pourquoi les Layer 2 sont concernés au premier chef #

Un débit de base multiplié par trois n’intéresse pas qu’Ethereum lui-même. Les réseaux Layer 2 — Base, Arbitrum, Optimism et consorts — publient leurs données sur la couche de base : plus celle-ci est capable d’absorber de volume à moindre coût, plus les frais des rollups baissent mécaniquement. Les reprix du gaz favorables aux preuves zero-knowledge vont dans le même sens, en rendant plus efficaces les L2 qui reposent sur cette technologie. Pour l’utilisateur final, l’équation est simple : davantage de capacité en amont, potentiellement des transactions moins chères en aval.

Questions fréquentes #

Qu’est-ce que la mise à jour Glamsterdam d’Ethereum ? +
C’est le prochain hard fork majeur d’Ethereum, dont le nom combine les mots de code Gloas (consensus) et Amsterdam (exécution). Il regroupe une dizaine d’EIP visant à augmenter le débit et à réformer la production de blocs, et il est présenté comme la plus grosse évolution du réseau depuis Le Merge.
Quand Glamsterdam sera-t-elle activée ? +
L’activation est attendue au second semestre 2026, avec une fenêtre réaliste située entre septembre et décembre. Au 16 juin 2026, la mise à jour était en phase finale de devnets et aucune date de mainnet n’était officiellement figée.
Que signifie ePBS (EIP-7732) ? +
ePBS (Enshrined Proposer-Builder Separation) inscrit dans le protocole la séparation entre celui qui construit un bloc et celui qui le propose. Aujourd’hui gérée hors chaîne, cette séparation pose des risques de centralisation ; l’inscrire dans le cœur du réseau vise à limiter la manipulation du MEV.
Glamsterdam va-t-elle faire baisser les frais ? +
L’objectif de conception est de tripler la capacité de la couche de base (jusqu’à ~200 M de gaz) et de rendre certains transferts d’ETH nettement moins chers (jusqu’à ~71 % selon The Defiant). Une capacité accrue tend aussi à réduire les frais des Layer 2, mais le prix final dépend de la demande réelle et du relèvement progressif de la limite par les validateurs.
Faut-il faire quelque chose en tant que détenteur d’ETH ? +
Pour un simple détenteur d’ETH sur un exchange ou un wallet, aucune action n’est requise : un hard fork est géré par les opérateurs de nœuds et les validateurs. Les opérateurs de nœuds, eux, devront mettre à jour leurs clients avant l’activation. Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil en investissement.

Sources : CoinDesk, « Ethereum’s biggest protocol overhaul in years moves into its final development stage » (16 juin 2026) ; The Defiant, « Ethereum Glamsterdam’s Final Devnet Phase With 200M Gas-Limit Target » (juin 2026) ; ethereum.org — roadmap Glamsterdam. Données arrêtées au 13 juillet 2026.

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